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IDÉE DU DON D'ORGANES OU DE TISSUS
Dossier élaboré par CERCLE BLEU - AFIDOT.
Texte revu et corrigé par
le Coordonnateur Interrégional de l'Établissement Français
des Greffes.
Table des matières
1.1) Qu'est-ce que la moelle osseuse ?
1.2) Pour qui faire un tel don ?
1.3) Qui peut donner ?
1.4) Nécessité d'une moelle compatible, après étude des groupes tissulaires (système HLA)
1.5) Comment se passe un "groupage".
1.6) Comment se passe un don de moelle osseuse.
1.7) Que faire si l'on veut donner ?
1.8) Le point de vue financier.
1.9) Le point de vue législatif.
2 - LES PRÉLÈVEMENTS APRÈS LA MORT.
2.1) Pourquoi accepter l'idée du prélèvement ?
2.2) Que peut-on prélever et pour qui ?
2.3)Quand peut-on prélever (notion de mort cérébrale) ?
2.4) Existe-t-il des techniques évitant les transplantations ?
2.5) Conséquences humaines & socio-professionnelles des transplantations.
2.6) Comment faire connaître votre volonté ?
2.7)Que devient le corps après un prélèvement ?
2.8) Un prélèvement occasionne-t-il des frais à la famille ?
2.9) Le point de vue financier.
2.10) Le point de vue législatif.
3 - LES AUTRES DONS DU VIVANT.
3.1) Don de sang.
3.2) Don de plasma (plasmaphérèse).
3.3) Don de plaquettes (cytaphérèse)
3.4) Don de globules blancs (cytaphérèse).
3.5) Don de cellules reproductrices.
3.6) Don de lait.
4.1) Historique.
4.2) Livre d'Or du Cercle Bleu.
Dossier complet
1.1) Qu'est-ce que
la moelle osseuse ?
La moelle osseuse se situe à l'extrémité des os longs des membres et dans les os plats comme le bassin ou le sternum. De consistance liquide, elle a l'apparence du sang. C'est elle qui donne naissance aux globules rouges, aux globules blancs et aux plaquettes. Il ne faut pas la confondre avec la moelle épinière qui appartient au système nerveux et qui est protégée par la colonne vertébrale.
À des malades dont la moelle osseuse fonctionne mal, et qui sont victimes de deux grands groupes de maladies :
- les aplasies médullaires : la moelle osseuse ne produit plus de cellules sanguines. Il y a diminution du nombre de globules rouges (anémie qui gène le transport de l'oxygène aux cellules de l'organisme), diminution du taux de globules blancs qui favorise l'apparition d'infections graves, et abaissement du nombre des plaquettes qui crée un risque hémorragique.
- les leucémies : la moelle osseuse est envahie par des cellules anormales ("blastes") et produit du sang "malade" contenant de nombreuses cellules malignes.
Il faut donc donner à ces malades une moelle osseuse saine, identique à la leur - c'est-à-dire de même groupe tissulaire - ou s'en approchant le plus possible.
Les conditions physiques pour être donneur :
- avoir entre 18 et 50 ans. - être en bonne santé. - ne pas souffrir d'allergies au moment de l'inscription. - se faire faire un groupage tissulaire (gratuit).
Les conditions psychologiques pour être donneur :
- avoir compris l'importance de la greffe de moelle pour le malade qui attend un donneur compatible.
- prendre un engagement moral avec soi-même et avec le receveur possible, et rester disponible de 18 à 50 ans pour un éventuel don. Il faut rappeler qu'avant une greffe de moelle, le receveur subit un traitement qui supprime ses défenses immunitaires de telle manière que le greffon de moelle soit accepté. Il faut donc que le donneur ne recule pas à ce moment-là.
- respecter l'anonymat et le bénévolat.
- avoir de la patience.
Maintenant, seul le hasard décidera si vous êtes celui ou celle qui pourra aider un malade à vivre en faisant le don "d'un petit peu de soi".
1.4) Nécessité d'une moelle compatible, après étude des groupes tissulaires (système HLA) (Human Leucocyte Antigen).
Pour que la moelle osseuse d'un donneur puisse être bénéfique au malade qui la reçoit, il faut qu'elle soit d'un groupe tissulaire HLA (l'équivalent, en plus complexe, des groupes sanguins) identique ou parfaitement compatible ; ceci est fondamental pour éviter tout risque de rejet, en l'occurrence toute "réaction du greffon sur l'hôte".
Il faut statistiquement réunir 40 000 volontaires pour avoir 40 % de chances de trouver un donneur compatible à un malade donné.
1.5) Comment se passe un "groupage"?
Le groupage est réalisé gratuitement pour le donneur, mais le délai de convocation peut être long, il exige donc de la patience.
La détermination du groupe tissulaire est une opération simple pour le donneur, puisqu'elle se limite à un prélèvement de 50 cm3 de sang, en principe dans le Site de prélèvement de l'Établissement de Transfusion Sanguine (ETS) le plus proche de son domicile.
Ce premier résultat, le groupage HLA A et B, est enregistré dans le fichier national de "France-Greffe de Moelle". Lorsqu'un malade nécessite une greffe de moelle osseuse, on compare son groupe tissulaire avec ces premiers typages. Lorsqu'une similitude est trouvée un nouvel échantillon de sang est prélevé sur le donneur volontaire ; ceci permet de réaliser une analyse complémentaire, le groupage HLA DR, pour affiner la connaissance du groupe tissulaire du donneur et préciser le degré de compatibilité.
1.6) Comment se passe un don de moelle osseuse
C'est un prélèvement effectué sous anesthésie locale (péridurale) ou générale, donc indolore pour le donneur. Il s'agit de ponctionner un os contenant de la moelle et de la prélever par aspiration (généralement au niveau des crêtes iliaques, c'est-à-dire là où les os font saillie au niveau des hanches).
Comme avant toute anesthésie, il y a des examens médicaux. Le donneur est hospitalisé pendant 48 heures. Les frais d'hospitalisation et de déplacement sont pris en charge par la Sécurité Sociale.
Après le don, il n'y a aucun risque, ni pour la santé du donneur ni pour le fonctionnement de sa moelle osseuse. Tout ce qui a été signalé dans certains cas, est un endolorissement momentané au niveau des points de ponction.
Un donneur ne fait en général qu'un don dans sa vie lorsqu'un malade possède le même "groupe tissulaire" que lui, éventualité qui a peu de chances de se reproduire vu l'extrême variété de ces "groupes". Cela n'empêche pas toutefois de renouveler ce geste pour un membre de sa famille.
1.7) Que faire si l'on veut donner ?
Avant de devenir "donneur volontaire", il convient d'être bien informé. Vous pouvez demander des renseignements plus précis au CERCLE BLEU - AFIDOT.
Cela vous permettra de mieux comprendre la valeur et l'importance du don de moelle, donc de choisir librement en toute connaissance.
Vous serez ensuite convoqué dans le Site de prélèvement de l'ETS le plus proche de votre domicile, pour la prise de sang qui permettra de déterminer votre groupe tissulaire.
De la patience sera peut-être nécessaire entre le moment où vous serez volontaire pour donner de la moelle, et le moment où vous serez convoqué pour le groupage, car les crédits alloués aux ETS pour faire ces analyses ne sont pas toujours suffisants pour répondre aux volontaires (voir ci-après).
1.8) Le point de vue financier.
Pour le donneur bénévole, TOUT EST GRATUIT. Cependant le matériel, les ETS, les Hôpitaux et les intervenants qui s'occupent des analyses, des groupages tissulaires et du classement de tous les donneurs recensés, entraînent des dépenses qui nécessitent ds fonds.
Les frais d'hospitalisation et de greffe sont pris en charge par la Sécurité Sociale.
Les frais d'analyse pour effectuer les divers groupages HLA sont pris en charge par la Caisse Nationale d'Assurance Maladie dont les crédits ne sont malheureusement pas liés au nombre de donneurs potentiels.
Un groupage HLA A et B (le premier) coûte 100 euros.
Un groupage HLA DR (le complémentaire) coûte 300 euros.
L'ensemble des examens plus l'hospitalisation et la greffe revient à près de 3 200 euros par greffé. A ce chiffre approximatif doivent s'ajouter les divers groupages nécessaires pour trouver un donneur compatible, soit un minimum de 5 personnes à grouper en HLA A, et parfois jusqu'à 20 en HLA DR, pour un total dépassant 2 000 euros.
1.9) Le point de vue législatif et réglementaire.
Le Code de la Santé Publique stipule à son article L.671-3 : "Le prélèvement"de moelle osseuse "sur une personne vivante, qui en fait le don, ne peut être effectué que dans l'intérêt direct d'un receveur...". "Le donneur, préalablement informé des risques qu'il encourt et des conséquences éventuelles du prélèvement, doit exprimer son consentement devant le président du Tribunal de Grande Instance ou le magistrat désigné par lui... Ce consentement est révocable sans forme et à tout moment." La loi qui affirme la dignité de la personne humaine, édicte un certain nombre de principes éthiques : gratuité du don, anonymat donneur/receveur, interdiction de publicité en faveur d'une personne ou d'un organisme déterminé.
2 - LES PRÉLÈVEMENTS APRÈS LA MORT.
2.1) Pourquoi accepter l'idée
du prélèvement ?
Malgré les progrès de la médecine, de nombreuses maladies ne peuvent être guéries, ni même évitées. Elles entraînent le mauvais fonctionnement et parfois même la destruction de certains organes indispensables à la vie : les reins, le cœur, le foie, les poumons, le pancréas ou l'intestin.
Pour ces malades, seule la transplantation d'un organe de remplacement leur permet d'espérer de vivre ou de survivre.
Et comme dit le Professeur CABROL : "Ne partons pas, avec un trésor inutilisable pour soi, et perdu pour tous".
2.2) Que peut-on prélever et pour qui ?
* Des organes, uniquement chez un sujet en mort céphalique.
Les reins peuvent rendre une vie quasi-normale aux malades qui ont les leurs inefficaces et qui doivent subir régulièrement (3 fois par semaine) des séances de dialyse longues (4 à 5 heures) et astreignantes. Le taux de réussite de greffe de rein est de 81 % à long terme.
Le cœur que de nombreux malades cardiaques attendent. Certains subsistent grâce aux "cœurs artificiels", ils reprendront une vie normale après transplantation. Taux de réussite de 73 % à 1 an et de 68 % à long terme.
Le foie, dont la greffe - qui se répand de plus en plus - doit être effectuée rapidement et réussit entre 77,5 % à 1 an.
Le pancréas, dont la greffe est encore délicate et réservée aux diabétiques sous insuline avec de graves complications rétiniennes et rénales (d'où souvent une greffe double rein-pancréas). La réussite est de 50 à 60 % à 3 ans.
Les poumons greffés avec le cœur vont permettre, aux malades ne pouvant vivre sans assistance respiratoire, une amélioration importante. Le taux de réussite est de 52 % à 1 an.
* Des tissus, chez un sujet décédé à cœur battant ou à cœur arrêté.
Pour la cornée de l'œil, une des greffes les plus anciennes (la première remonte à 1887), la réussite est de plus de 90 %. Le prélèvement est réalisable dans les 12 heures qui suivent la mort. Il ne porte que sur la partie antérieure de l'œil. Des lentilles sont mises en place afin de respecter l'intégrité du corps.
La peau sert pour les brûlés.
Des os peuvent aussi être prélevés.
Moins connues, les greffes du tympan ou des osselets de l'oreille moyenne.
2.3) Quand peut-on prélever ? (notion de mort encéphalique)
La décision de déclarer mort un malade dont le cerveau a cessé de fonctionner, n'appartient pas à un seul chirurgien mais à une équipe composée de neurochirurgiens, de réanimateurs et de médecins spécialistes non impliqués dans l'acte de prélèvement.
Ils doivent constater un certain nombre de signes cliniques et paracliniques qui définissent (lorsqu'aucune trace de barbiturique n'a été décelée dans le sang) la "mort encéphalique", c'est-à-dire l'état de mort du cerveau alors que, entretenues par les machines, la respiration et la circulation sanguine sont maintenues.
Les critères de cette mort encéphalique et les modalités de son constat sont définis par le décret n° 96-1041 du 2 décembre 1996 :
- absence totale de conscience et d'activité motrice spontanée,
- abolition de tous les réflexes du tronc cérébral,
- absence totale de ventilation spontanée vérifiée par une épreuve d'hypercapnie,
ces trois signes cliniques étant complétés par l'une ou l'autre des explorations paracliniques suivantes :
- soit deux électroencéphalogrammes, répétés à 4 heures d'intervalle, nuls et aréactifs,
- soit une angiographie objectivant l'arrêt de la circulation encéphalique.
2.4) Existe-t-il des techniques évitant les transplantations ?
Pour pouvoir éviter les transplantations, il faut pouvoir remplacer les organes malades par des éléments autres que des organes humains, actuellement les recherches vont dans deux directions :
- les organes artificiels dont le plus connu est le cœur artificiel, mais dont les inconvénients d'encombrement et de non-autonomie sont bien connus. Il ne sert actuellement qu'à attendre un "don" dans un délai de quelques mois.
- les organes prélevés sur des animaux, dont on commence à relever les compatibilités avec l'homme, mais là ce n'est encore qu'au stade de la recherche, et ce sera toujours au détriment du malade car l'apport de médicaments supplémentaires plus ou moins perturbants s'imposera.
Donc, nous le voyons, actuellement et pour de nombreuses années, rien ne remplacera les transplantations d'organes prélevés sur les cadavres.
2.5) Conséquences humaines & socioprofessionnelles des transplantations.
Les transplantations ont des conséquences humaines & socioprofessionnelles très importantes, deux exemples :
- Plus de la moitié des greffés du cœur bénéficient d'une espérance de vie supérieure à 5 ans avec reprise de leurs activités quotidiennes, professionnelles et même sportives dans la plupart des cas. Les opérés parlent de "résurrection" ou de "deuxième vie", c'est en tout cas une chance inespérée pour ces malades, une "sur-vie".
- Un greffé du rein, outre la reprise de ses activités, se voit libéré de la contrainte des séances de dialyse qui lui prenaient trois demi-journées par semaine. Libéré d'un régime alimentaire draconien, il peut parler de "mieux-vie".
Les opérés, soumis à des traitements moins lourds qu'auparavant, reprennent leur place dans la société puisqu'ils reprennent le travail à temps partiel, si ce n'est à plein temps, ainsi que leur place sociale et familiale.
2.6) Comment faire connaître votre volonté ?
Il est essentiel que votre volonté soit respectée. Que vous soyez "POUR" ou "CONTRE" le prélèvement, il convient que votre entourage, famille et amis, soit mis au "courant" de votre décision. Vous aurez alors à la traduire par une attestation manuscrite signée de votre main, par le port d'une carte du CERCLE BLEU - AFIDOT, de l'Établissement Français des Greffes ou de tout autre Mouvement, ou - le cas échéant - par votre inscription sur le registre national automatisé d'opposition, quand il sera mis en place. Votre famille ne pourra ainsi que respecter votre volonté. Elle le fera d'autant plus facilement que nous posséderons le double de votre carte. Ceci fait, la mise de l'autocollant CERCLE BLEU sur votre véhicule viendra en complément efficace du choix que vous aurez fait, et dont vous n'aurez à rendre compte à personne.
2.7) Que devient le corps après un prélèvement ?
Après un prélèvement, le corps est rendu à la famille pour des obsèques classiques. Le chirurgien, prélevant le ou les organes dont il a besoin, referme les plaies de la même façon que pour une opération classique et l'aspect du corps n'est absolument pas modifié.
2.8) Un prélèvement occasionne-t-il des frais à la famille ?
La famille n'aura à supporter aucune charge financière due au prélèvement, même si le corps doit être transporté dans un autre Hôpital pour le prélèvement, tous les frais inhérents à ce dernier sont pris en charge par l'Hôpital. En revanche, la famille ne pourra pas percevoir de contrepartie pécuniaire, suite au prélèvement (voir Lois bioéthiques). Il s'agit d'un don.
2.9) Le point de vue financier.
Un exemple pour comprendre l'intérêt financier d'une transplantation. Un dialysé coûte à la société en moyenne 55 000 euros/an. Mais la transplantation d'un rein à ce même malade coûtera sensiblement la même somme la première année, puis de moins en moins cher les années suivantes.
2.10) Le point de vue législatif.
Voici un rappel des principaux textes ayant trait aux prélèvements d'organes :
* Loi de 1857. - Le corps n'appartient qu'à l'individu tant qu'il est vivant. C'est une forme de l'habeas corpus.
* Loi n 49-890 du 7 juillet 1949.
- Les prélèvements en vue de la pratique de la greffe de cornée (kératoplastie) peuvent être exécutés sans délai, sur les lieux même du décès, chaque fois que le défunt a légué ses yeux à un établissement public ou privé.
* Circulaire Jeanneney n° 67 du 24 avril 1968.
- La mort cérébrale est légalement reconnue, et non plus seulement l'arrêt du cœur.
- Le soin du diagnostic est laissé au corps médical.
- Un ensemble de faits concordants doivent être présents, l'électroencéphalogramme n'étant que l'un d'entre eux.
* Loi Caillavet n° 76 1181 du 22 décembre 1976.
- "Des prélèvements peuvent être effectués à des fins thérapeutiques ou scientifiques sur le cadavre d'une personne n'ayant pas fait connaître, de son vivant, son refus d'un tel prélèvement".
- Toutefois s'il s'agit d'un mineur ou d'un incapable, ce prélèvement en vue d'une greffe ne peut être effectué qu'après autorisation de son représentant légal.
- Les prélèvements ne peuvent donner lieu à aucune contrepartie pécuniaire.
* Lois bioéthiques n° 94-653 et 94-654 du 29 juillet 1994.
- Elles reprennent et confirment le principe du "consentement présumé" contenu dans la loi Caillavet, qui autorisait un prélèvement "dès lors que la personne concernée n'a pas fait connaître, de son vivant, son refus d'un tel prélèvement. Ce refus peut être exprimé par l'indication de sa volonté sur un registre national automatisé prévu à cet effet. Il est révocable à tout moment."
- Le législateur ajoute que "Si le médecin n'a pas directement connaissance de la volonté du défunt, il doit s'efforcer de recueillir le témoignage de sa famille."
- La finalité de ces lois est de trouver un juste équilibre entre le respect de la liberté de l'individu à disposer de lui-même, et la nécessité d'un véritable dialogue avec la famille. À noter qu'à court terme, il serait aussi facile à tout citoyen de s'opposer que d'adhérer.
- Le législateur a voulu préserver le Corps médical de tout recours en justice, tout en donnant une chance aux milliers de malades qui attendent la greffe qui est leur seul espoir de "mieux-vie" ou de "sur-vie".
Le Corps médical peut transplanter sereinement quand il est en présence d'une acceptation de prélèvement, signalée par la famille ou par la carte remplie par le défunt de son vivant.
3 - LES AUTRES DONS DU VIVANT.
Connu depuis de nombreuses années le sang total est prélevé presque partout, sur les lieux de travail, dans les mairies, les collectivités par les équipes des Sites de prélèvement des ETS. Il est devenu indispensable pour toute intervention chirurgicale importante, notamment celles des blessés de la circulation. La bonne gestion des dons ainsi qu'une conservation améliorée permet d'éviter les gros manques de sang. On prélève environ 400 cm3 de sang (ce qui ne provoque ni trouble ni malaise), en demi-heure environ, y compris le temps de repos nécessaire.
Le sang sera utilisé tel quel (sang total) ou bien sous forme de culot globulaire, c'est-à-dire de globules rouges concentrés.
Les donneurs de sang sont toujours bienvenus pour des dons classiques et aussi pour des dons en "aphérèse", terme général recouvrant "plasmaphérèse" (don de plasma) ou en "cytaphérèse" (don de cellules : plaquettes ou globules blancs) qui permettent de mieux répondre aux nécessités thérapeutiques.
Le plasma est particulièrement précieux, parce qu'il contient :
- des anticorps de groupes sanguins utilisés dans la préparation de sérums-tests, pour la sécurité des transfusions.
- des facteurs de coagulation (fibrinogène, prothrombine, facteurs antihémophiles) indispensables pour les malades qui en sont dépourvus de façon passagère ou durable.
- de l'albumine humaine, élément de base du plasma, très utilisée en réanimation et pour les brûlés.
- des immunoglobulines utilisées pour lutter contre les maladies infectieuses (tétanos, coqueluche, oreillons, hépatite, etc.).
- dans certains cas particuliers, il peut contenir bien d'autres principes utiles comme les gammaglobulines anti-D que l'on injecte au mères, Rhésus négatif, pour éviter les risques liés à l'incompatibilité entre leur sang et celui de leur enfant.
Techniquement, il se fait dans le Site d'un ETS, par simple prise de sang au pli du coude (comme pour le sang) dans un double poche. Le premier flacon est rempli puis centrifugé pour séparer plasma et globules. Ceux-ci sont alors réinjectés dans la circulation du donneur. L'opération est alors recommencée, sans qu'il soit besoin de changer d'aiguille. Une seule piqûre suffit.
Les avantages : comme on ne prélève pas les globules, le stock de fer est respecté, chaque donneur peut ainsi offrir jusqu'à 10 litres de plasma par an, sans aucun inconvénient pour lui, alors qu'avec le prélèvement classique il ne pourrait donner qu'un litre de plasma par an.
3.3) Don de plaquettes (cytaphérèse).
Les plaquettes sont des éléments du sang utilisés surtout pour combattre les risques hémorragiques dans certaines maladies et accidents.
Il est effectué dans un Site de prélèvement prévu à cet effet. Plus long que le don de sang total (2 heures) et nécessitant un séparateur de cellules, il est tout aussi inoffensif pour le donneur que le don de sang total, dans la mesure où la quantité de corticoïdes que le donneur reçoit est négligeable. Le sang du donneur passe dans le séparateur de cellules qui prélève les plaquettes et réinjecte le sang dans la circulation du donneur.
Il est nécessaire de placer deux aiguilles dans le bras du donneur, une pour que le sang sorte et passe dans le séparateur de cellules, une autre pour pouvoir réinjecter le sang dépourvu de ses plaquettes.
3.4) Don de globules blancs (cytaphérèse).
Les globules blancs servent à protéger les malades atteints de granulopénies, c'est-à-dire de déficit en globules blancs, et qui, souvent, dans l'attente d'une greffe de moelle osseuse, sont placés en chambre stérile car ils ne possèdent plus de défense contre les infections.
Le prélèvement, effectué dans un Site de prélèvement est du même type que pour les plaquettes, mais dure environ 3 heures.
3.5) Don de Cellules reproductrices.
Il s'agit essentiellement d'un "don de couple à couple". Il est nécessaire pour permettre aux couples, dont la stérilité est d'origine masculine, d'avoir la joie de vivre une grossesse et une naissance.
Les C.E.CO.S (Centres d'Étude et de Conservation du Sperme) qui s'occupent du recueil, de la conservation et de la transmission du sperme, enregistrent actuellement 3 000 demandes d'insémination pour moins de 1 000 donneurs.
Conditions pour être donneur :
- être âgé de moins de 50 ans. - être marié et avoir l'accord de son épouse. - avoir déjà un ou plusieurs enfants sans anomalies congénitales. - accepter de donner gratuitement.
Il y a aussi un contrôle des donneurs de façon à éviter la transmission de maladies ou de malformations génétiques :
- examen médical. - étude poussée des antécédents familiaux. - examen sanguin. - examen chromosomique (caryotype).
Bien sûr, on ne sauve pas une vie en donnant son sperme, mais cela peut tout de même joliment ensoleiller le quotidien d'un couple en manque de bébé.
Il est essentiel que le lait maternel, que certaines jeunes mamans ont en surplus, soit recueilli et puisse aider les bébés prématurés à survivre.
Aucun lait, aussi "maternisé" soit-il, ne peut rivaliser avec la richesse du lait humain, notamment en facteurs anti-infectieux (IgA, lactoferrine, lysozyme). En parallèle avec certains Services de maternité hospitalière, un lactarium s'occupe de la collecte (en tout lieu public ou privé), du traitement et de la conservation du lait.
Si les ramasseuses s'occupent de l'information des mamans, éventuelles donneuses, l'accord médical indispensable doit être donné par le médecin de la Maternité.
La collecte du lait se fait selon deux méthodes :
- méthode passive, consistant à recueillir dans une coquille plastique, placée entre le sein et le soutien-gorge, l'écoulement de lait qui se produit entre deux tétées.
- méthode active, utilisant le tire-lait quand le bébé ne boit pas toute la production de sa mère, ce qui produit une tension des seins.
Il s'agit toujours d'un surplus de lait, le nourrisson allaité ne devant en aucun cas pâtir de ce don. Le lait maternel est précieux, même une petite quantité ne doit pas être jetée, 50 grammes de lait sont l'alimentation journalière d'un prématuré.
1988 Création de la carte internationale. Lyon : 1er congrès international.
1990 Toulouse : Congrès en présence des Pr. Barnard, Cabrol et Dausset.
1991 Pau : Création de l'Organisation Mondiale pour l'Information sur le Don d'Organes ou de Tissus (OMIDOT) dont le logo est le CERCLE BLEU, symbole mondial de l'idée du don.
Et depuis, de nombreuses personnalités, administrations et entreprises, soutiennent le travail du Cercle Bleu, vous pouvez en avoir un aperçu dans notre Livre d’Or.
Dossier d'information sans engagement contractuel