A l'occasion de la clôture de la manifestation pour le don d'organes, rencontre avec Richard Berry, le président d'honneur de l'association "Don de soi... don de vie".
En 2005, vous avez donné un rein à votre soeur, atteinte d'une maladie génétique, le syndrome d'Alport. Qu'est-ce qui vous a poussé à le faire?
Ma mère l'a fait. Elle a donné un rein à ma soeur. J'ai donc un exemple sous les yeux depuis 35 ans! Dans ces conditions, dès lors que l'on a la chance d'être en bonne santé, et qu'à côté de soi on a quelqu'un de malade, on n'hésite pas. De plus, ma soeur était en attente d'un donneur cadavérique depuis longtemps. Pour abréger ce délai, il était important que je le fasse.
Où en est le don d'organes aujourd'hui?
Il est relativement stable. Il faut savoir que l'on ne prélève que les organes des morts encéphaliques [ndlr: cessation complète de l'activité cérébrale] qui, en grande majorité, sont des accidentés de la route. Or, et c'est une bonne nouvelle, leur nombre diminue... En revanche, dans les mentalités, les choses commencent à bouger. Le don d'organes, de manière générale, est une idée qui fait son chemin.
Justement, qu'est-ce qui fait encore hésiter les donneurs potentiels ou leurs proches?
L'ignorance. Les gens pensent que lorsqu'on prélève un organe, on saccage le corps. Que le corps n'est pas respecté. Il s'agit en réalité d'une opération chirurgicale normale, dont la précision est même primordiale pour que l'organe soit utilisable. Les gens ont également peur d'aborder la question de la mort avec leurs proches. Dire à quelqu'un "s'il m'arrivait de mourir...", c'est difficile. Alors, on n'en parle pas. Et puis, il y a aussi les questions d'éthique, de religion.
Quel est le rôle des associations comme la vôtre dans la lutte pour le don d'organes?
Les campagnes, les manifestations organisées par ces associations lèvent les tabous. Elles permettent également de recueillir des fonds pour faire avancer la cause. Par exemple, l'Association pour la recherche et l'information sur les maladies rénales génétiques (AIRG) a énormément fait avancer la recherche, notamment sur la maladie d'Alport, que l'on arrive maintenant à détecter chez les nouveau-nés. Ca permet aussi de mettre un coup de projecteur sur la nécessité de la recherche dans ce domaine, qui a été longtemps délaissée.
http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/l-ignorance-freine-le-don-d-organes_851301.html
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